Quelle utilité aux monnaies virtuelles? Sont-elles dangereuses? Pourquoi croire en Dogecoin?

Rodin-crypto

On entend à peu près tout et rien à propos des monnaies virtuelles. Après la presse, ce sont les gouvernements qui se sont intéressés au sujet. Dernier épisode en date, le ministre français de l’économie Pierre Moscovici propose de mettre en place une régulation européenne du Bitcoin, suite aux déboires de la plate-forme d’échange MT.Gox. La Thaïlande fut le premier pays à interdire le Bitcoin en juillet 2013, et la Russie lui a emboîté le pas en février 2014.

Les monnaies virtuelles seraient-donc dangereuses?  Ne serviraient-elles donc qu’à blanchir de l’argent sale issue du monde de la drogue? Ne seraient-elles alors qu’une aubaine pour les mafias en tout genre? N’engendreraient-elles que des pertes énormes pour les particuliers?

Cette vision est très réductrice. Les cryptomonnaies sont d’abord et avant tout un projet, une idée, une monnaie créée par les utilisateurs et pour les utilisateurs. Elles permettent de s’affranchir des intermédiaires centralisés. Cette idée peut paraître naïve, libertaire ou anarchiste, mais elle peut aussi et surtout se révéler moderne et d’une utilité redoutable. 

Revenons aux fondamentaux. La monnaie peut occuper normalement trois fonctions, nous disait déjà Aristote: intermédiaire des échanges, réserve de valeur et unité de compte. Pour les économistes néoclassiques qui arrivent 2000 ans plus tard, elle n’en occuperait même qu’une seule: elle ne serait qu’un « voile », un moyen simple d’échanger deux biens ou deux services sans avoir à compter en équivalent-troc.

« – Tu veux une vache? Alors il me faudra trois cochons!
– Je n’ai que des moutons…
– Va donc échanger tes moutons contre des cochons, et on en reparlera. »
Décidement, le troc, c’est pas toujours pratique.

Or aujourd’hui, pour payer sur internet, qu’avons-nous? 

  • Je peux envoyer un chèque par courrier. C’est archaïque.
  • Je peux envoyer du liquide par courrier. C’est encore plus archaïque.
  • Je peux faire un virement bancaire. Je dois alors avoir l’IBAN et le BIC, et ce virement sera souvent facturé par ma banque, sans compter les délais…
  • Je peux payer avec ma Carte Bleue sur un site sécurisé par une banque, qui ne se prive pas de prendre sa commission au passage. En cas de piratage, mes données bancaires peuvent se retrouver entre les mains de n’importe qui. C’est donc contraignant, cher, et fragile niveau sécurité.
  • Je peux payer par Paypal. C’est aujourd’hui « LE » moyen de paiement d’internet. Rapide et simple, je n’ai qu’à fournir mon mail. Pourtant, tout n’est pas rose: il est centralisé, et se permet donc de prélever des frais fixes et en pourcentage sur ce qui transite par ses services. Il nécessite une inscription, des données personnelles, et en cas de piratage, de la même manière, les données bancaires seraient dans la nature.

En ce sens, comment concilier la simplicité et la rapidité d’échange de l’argent liquide, son relatif anonymat et son absence de frais de transaction, avec internet? Réponse: La monnaie virtuelle. Avec celle-ci, les transactions sont sécurisées car vérifiées plusieurs fois aléatoirement par le réseau. Pour envoyer un paiement, il suffit, à partir de son porte-monnaie, de rentrer l’adresse du destinataire: on ne s’expose pas comme avec les données bancaires. L’échange est quasi-instantané, et il n’y a aucun frais de transactions. Je n’ai pas besoin de m’inscrire sur un quelconque site et ainsi divulguer mes données personnelles, ce qui peut être une bonne idée compte-tenu des temps qui courent.

Lequel d’entre-vous ne s’est jamais retrouvé dans la situation d’un commerçant, d’une petite boulangerie qui ne prend pas la CB parce que les frais de transaction sont trop élevés? Pire encore, alors que nous n’avons jamais été aussi interconnectés, qui n’a jamais été embêté pour envoyer un peu d’argent à un ami, à la famille? Souvent, on en revient à un chèque par voie postale. En 2014.

Voilà pourquoi je pense que la monnaie virtuelle a un avenir. Elle est à l’image d’internet, simple, rapide, sans frais et décentralisée  (quoique ce dernier point se discute avec le Web, qui n’est toutefois qu’une partie d’internet, mais nous nous égarons). Au-delà de l’utopie libertaire, elle répond donc selon moi à un véritable besoin.

Quels sont les risques?
Leur anonymat permettrait-il des échanges monétaires tendancieux? Les mafias en tout genre n’ont pourtant pas attendu leur existence pour prospérer, et l’argent liquide offre le même type d’anonymat.
Blanchiment d’argent? Il semble là aussi qu’un compte offshore dans l’un des nombreux paradis fiscaux offre le même genre de service sans trop de risque.
Absence de régulation par une Banque Centrale, donc forte volatilité et possibilité de lourdes pertes en cas de chute brutale du cours? Il n’est pas recommandé, même aujourd’hui, d’investir de grosses sommes dans les monnaies virtuelles, pour la simple raison qu’elles ne sont encore qu’un projet, et que leur masse monétaire n’est pas suffisante pour empêcher une trop forte volatilité du cours.
On peut cependant imaginer une passerelle simple pour recharger son porte-monnaie virtuel avec quelques euros, puis payer ensuite en ligne ou chez un commerçant via son smartphone, profitant là des nombreux avantages que j’ai évoqué. Il faut donc rester prudent quant aux sommes investies, mais les monnaies virtuelles ne représentent pas un danger en tant que telles.

J’en viens alors à la seconde partie de mon argumentation. Je ne pense pas que toutes les monnaies virtuelles se valent, et je ne pense pas qu’elles survivront toutes. Depuis le succès du Bitcoin, il ne passe pas une semaine sans qu’une nouvelle soit annoncée. On en compte aujourd’hui près de 200, et ce chiffre devrait encore augmenter. Alors, pourquoi le Dogecoin?

Je m’étais auparavant intéressé au Bitcoin, mais j’avais rapidement déchanté. Le minage était devenu un sport de combat du fait de l’augmentation de la difficulté inhérente à ses 5 années d’existence. Une véritable industrie s’est alors mise en place pour la création de machines spécialisées dans le minage, les ASIC, perdant là l’idée d’une vraie participation « amateure » au réseau avec son propre matériel. La montée du cours incitait à une concurrence accrue entre les différents acteurs pour dégager un maximum de profit. Enfin, le tapage effectué par la presse autour de la monnaie a conduit a plusieurs bulles spéculative, et fait mauvaise presse aux crypto-monnaies, avec les pertes générées, les établissements financier non-crédibles comme MT.Gox, la fermeture de Silk Road par le FBI en 2013

Or, on s’éloignait là de ce qui constituait pour moi l’essence de la crypto-monnaie. Le Dogecoin est différent. Il est encore récent, et son rythme de création rapide, autour d’un milliard de doges émis la première année, permet de pouvoir facilement miner et donc de se sentir membre plein et entier de cette aventure. La communauté, symbolisée par le dynamisme du Subreddit /r/dogecoin, est agréable, participative, imaginative. A titre d’exemple, lors du piratage de DogeWallet en décembre 2013, de nombreuses personnes se sont faites voler leurs doges. La communauté s’est promise de tout rembourser en appelant au don les utilisateurs au-travers de l’opération Dogemas (contraction de « Doge » et « Christmas »). Tout a été remboursé un mois plus tard. Le minage de masse au-travers de dispositifs spécialisés n’est pas possible (pour le moment), car l’algorithme de chiffrement utilisé par le Dogecoin est Scrypt, qui contrairement au SHA-256  du Bitcoin demande plus de ressources de calcul, et donc des vrais ordinateurs.

La raison principale, enfin, réside dans le fait que l’on s’approche pour moi avec le Dogecoin de l’idée d’une monnaie d’échange pour tous les achats de la vie quotidienne, à savoir sur internet mais aussi dans les commerces. Il ne faut qu’une trentaine de secondes pour valider une transaction, et sa masse monétaire très élevée (1 milliard d’ici un an, contre 21 millions au maximum pour le Bitcoin) permet d’avoir une devise plus facilement divisible et adaptée à de petites transactions. L’inventeur du Dogecoin Billy Marker avait d’ailleurs en tête l’idée de créer une monnaie plus accessible que le Bitcoin.

Pour que cette idée se concrétise, pour que l’on puisse tous s’échanger de l’argent facilement, que ce soit entre nous, envers un commerçant, ou en ligne, anonymement, simplement et sans frais, comme avec des pièces dans un bar-tabac, il faut que la monnaie virtuelle se démocratise, qu’elle atteigne une masse financière critique pour limiter la volatilité du cours, que de plus en plus de professionnels soient partenaires. Il faut qu’elle soit adoptée.

C’est pourquoi j’écris ce blog: pour essayer de faire connaître cette monnaie qui, au fond, pourrait révolutionner l’échange sur internet. Du moins l’espéré-je. 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s